Contrairement au précepte de fonctionnalisme, selon lequel le même
objet devrait convenir à tous, l'objet détourné ne cherche
pas à plaire à tous. Il joue sur son pouvoir sensible et sur les
assemblages qui créent le conflit. Autant de procédés qui
permettent d'approcher l'objet-choc qui provoquera l'émotion. C'est
pourquoi il s'adresse à un groupe restreint et vise une cible particulière.
L'objet détourné va à l'encontre d'une démarche
de production industrielle. Une production en série d'un tel objet en ferait
un gadget. L'objet perdrait sa liberté d'expression et son sens lié
au plaisir.
Ce design de recyclage subsiste au-delà de la phase de départ,
expérimentale, et ne se limite pas aux principes de l'écologie et
de la réutilisation.
L'humour, le lyrisme et le pouvoir évocateur du passé peuvent
devenir l'accroche à sa diffusion ainsi que les propriétés
particulières, permettant au produit de se répandre dans les foyers
en valorisant le travail artisanal.
On voit plus particulièrement dans ces objets le principe du "
do it yourself " (c'est moi qui l'ai fait !). C'est à dire un design
qui incite à imiter et à créer soi même plutôt
qu'à acheter.
Qu'il soit drôle, curieux, fabuleux, surréaliste l'objet détourné
acquiert un sens. Il permet de prendre conscience que le projet d'Arts Appliqués
est porteur de signification. Il est important de sensibiliser les élèves
au fait que le monde qui les entoure communique par le biais des images,
des objets et des espaces.